L’Ostéopathie en France

January 15, 2018

 

L'arrivée de l'ostéopathie en France, dans les années 1940, est pour le moins laborieuse.

 

 

Premier écueil: la reconnaissance de l'ostéopathie en France.

 

Petit retour en arrière pour bien comprendre la situation actuelle: les premiers propagateurs de l'ostéopathie étaient médecins ou kinésithérapeutes. Ils allaient se former aux Etats-Unis, ou en Angleterre, puis revenaient en France pour se regrouper et s'organiser (en associations et en écoles).

On peut prendre les exemples de Robert Lavezzari et de Paul Gény. Le premier est un des tous premiers médecins-ostéopathes, installé à Paris en 1936 (formé auprès d'une américaine élève de Still, Florence Gair). C'est un des fondateurs de la Société française d'ostéopathie (1952, toujours active). Le second est kinésithérapeute, il fonde avec Thomas Dummer L'école Française d'Ostéopathie en 1956. C'est une des premières écoles d'ostéopathie en France à destination de kinésithérapeutes uniquement. 


Entre les années 60 et 80, l'ostéopathie est en plein essor en France. Pratiquée par des médecins-ostéopathes ou des kiné-ostéopathes de plus en plus nombreux, cette nouvelle méthode de traitement touche maintenant un large public. Si bien que les pouvoirs publics ne peuvent plus l'ignorer: d'une part l'ostéopathie se vulgarise, mais d'autre part l'ostéopathie demeure ambiguë. Est-ce un prolongement de la kinésithérapie? Est-ce du ressort de la médecine? Mais en même temps ce n'est ni l'un, ni l'autre. De part sa philosophie et sa technique propre, l'ostéopathie n'est-elle pas une thérapie à part entière? C'est dans les années 80 que germe l'idée d'une ostéopathie indépendante. Et en 1981 est créé le Registre des Ostéopathes de France, une association visant à promouvoir l'ostéopathie et n'acceptant en son sein que des ostéopathes exclusifs; les "ni-ni" (ni kinésithérapeute, ni médecin).


Commence alors une période plus sombre pour les ostéopathes exclusifs pendant laquelle l'exercice de leur métier pouvait les conduire devant les tribunaux pour exercice illégal de la médecine. Période qui va durer 10 ans environ, au cours de laquelle les mentalités vont évoluer grâce aux volumes des consultations faites par ces premiers ostéopathes exclusifs, par leur efficacité à traiter les maux du quotidien (mal de dos, douleurs cervicales, . En 2002, l'Assemblée Nationale vote alors la loi Kouchner (alors en poste au ministère de la santé) qui autorise l'usage du titre ostéopathique. Mais cette loi ne précise ni la formation nécessaire, ni l'étendue de l'exercice. Elle ne précise pas même le statut des ostéopathes exclusifs: aujourd'hui encore ce ne sont ni des professionnels médicaux, ni paramédicaux. Ils ne sont donc plus illégaux, mais pas encore complètement légaux.

 

 

Deuxième écueil de l'ostéopathie en France: le "boom" démographique de la profession.


Pour bien saisir l'ampleur du problème: on estime à 21 876 les personnes autorisées à porter le titre d'ostéopathe en France en 2014 (source). A titre comparatif il y avait 1448 ostéopathes en Allemagne en 2014, 285 ostéopathes en Espagne en 2015, et 4500 au Royaume Uni en 2015 (sources). Faute de décret pour structurer la loi Kouchner, entre les thérapeutes qui se découvrent soudainement ostéopathes et les écoles d'ostéopathie qui se multiplient, le nombre d'ostéopathes augmente de manière exponentielle. Ces décrets d’application ne seront publiés qu'en mars 2007 ! 

 


Troisième écueil de l'ostéopathie en France: aujourd'hui comment savoir si l'ostéopathe que je consulte a suivi une formation de qualité?

 

Quand un patient prend rdv avec un ostéopathe, il ne sait pas toujours très bien à quel professionnel il a recours. Est-ce un médecin-ostéopathe? Est-ce un kiné-ostéopathe? Ou est-ce un ostéopathe exclusif formé en 4 ans? En 5 ans? En 6 ans? Il y a de quoi s’y perdre. Comment en est-on arrivé là? D'une part, le processus de reconnaissance des praticiens en exercice avant la publication de la loi se termine seulement maintenant. Et d'autre part, l'Etat continue à fermer des écoles dont les programmes ne remplissent pas toutes les conditions pour assurer la sécurité des patients. Le RGEO (Réseau des Grandes Ecoles d’Ostéopathie) considère que pour former un ostéopathe compétent, il faut au minimum 5 ans de formation pour apprendre l’anatomie et perfectionner sa main. L’autre condition est de pratiquer une Ostéopathie exclusive.
 

L’Ostéopathie mérite que nous nous y consacrions pleinement, c’est un art exigeant qui ne peut être perfectionné qu'avec du temps et de la pratique. S'il n'y a pas deux ostéopathes qui pratiquent de la même manière, c'est d'abord une question de sensibilité personnelle, ou de goût en terme de techniques. Mais peut-être aussi une question de formation...

 

Il est bon que les patients sachent ce qu’est cette discipline, et où elle en est aujourd’hui en France.

 

Source:

Tricot, Pierre. 2003. Une brève histoire de l'ostéopathie

Still, AndrewTaylor, 1999. Autobiographie
Registre des Ostéopathes de France, https://www.osteopathie.org/historiqueOsteopathie.html

 

Voir le parcours d’Arthur Vandame, ostéopathe à Tours

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